Destruction de la première maison des Swan (Fascination)

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Petite famille :

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Midnight sun : Dernier chapitre (17ème)

 Chapitre 17

J’aurais pu rester des heures ainsi à la regarder dormir. Sa respiration était lente et régulière, elle m’apaisait. Ses paupières étaient délicatement fermées, et je pouvais voir le mouvement de ses yeux en dessous, signe qu’elle rêvait. Malheureusement elle n’avait pas encore parlé dans son sommeil comme à son habitude. Et c’était ce moment précis que je ne voulais pas manquer. J’attendrais le temps qu’il faudra, mais je ne partirais pas tant qu’elle ne m’aurait pas fait part du contenu de son rêve. Ne pouvant rêver moi-même, je le faisais par substitution.

Ce qui m’amena à me demander comment un être si différent de soi peut-il être si proche en même temps ? C’était comme si tout mes interdits étaient réunis dans une seule et même personne, c’était déstabilisant, fascinant et attirant à la fois. Comment résister à pareille merveille?

Je caressais délicatement sa joue, douce et rosée comme un pétale de rose. Mais je me retins d’enfouir mon nez dans son cou de peur de la réveillé par mon contact glacé. Elle ne bougea pas, pourtant je sentais que sa température n’était pas assez élevée pour son confort. C’est donc à contrecœur que je me détachais d’elle. Je rapprochais le rocking-chair de son lit, et m’y installais. Je me balançais doucement au rythme de son cœur. Laissant mes doigts se perdrent dans ses cheveux.

Je repensais à Alice. Me demandant ce qu’elle pouvait voir en ce moment même, dans l’avenir de Bella. Je savais pertinemment que sa vision me déplairait s’il s’agissait de la transformation de Bella en vampire, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’y songer. Tout serait tellement plus simple.

 » Plus simple pour toi uniquement, me dit une petite voix mesquine dans ma tête »

Et elle avait raison. Je n’avais pas le droit d’être égoïste à ce point. Bella doit vivre une vie normale, une vie humaine, sans m’avoir pour fardeau, l’empêchant de vivre, de grandir, de vieillir. Je n’ai aucun droit sur sa vie, sur son âme.

—– - Mmmh… Ed…Je t’aime….Edward…Reste…Mmmh. Marmonna-t-elle enfin dans son sommeil.
—– - Moi aussi je t’aime mon ange.

Qu’elle m’aimait je le savais, mais chaque fois que ces mots sortaient de sa bouche, un petit frisson me parcourrait le dos. Il y avait plus que de l’amour dans ses mots.

Je m’approchais d’elle une fois encore, inhalent à plein poumon son odeur qui était devenue mon addiction. Je déposais un baiser sur mon front, elle se tourna vers moi, et j’eus l’impression que ses paroles ne concernaient pas uniquement son rêve. Moi non plus je n’avais pas envie de la quitter. Je voulais rester éternellement à ses côtés. Mais je devais faire acte de présence auprès de ma famille qui s’inquiétait de me voir passer tant de temps avec une humaine. Et en particulier, cette humaine.

Ainsi je partis l’esprit en paix. Elle dormait à point fermé, et rien ne viendrait perturber ce sommeil. Je remis le fauteuil à sa place, et me glissai par la fenêtre, comme à mon habitude, en chuchotant:

—– - Je reviens très vite mon amour.

Je savais qu’elle ne pourrait pas entendre mes paroles, mais j’avais espoir qu’elle en rêve.

.•˜•.
˜*•. ˜*•.•*˜ .•*˜

Lorsque je fus arrivé à la villa, Rose et Esmée n’étaient pas là. Elles étaient parties chasser. Emmett m’attendait avec impatience, en effet, la veille il avait parié contre Alice que Bella ne rentrerait pas vivante.

—– - Tu as perdu frérot.
—– - Je le savais ! Se réjouit Alice. Mon pauvre Emmett tu n’avais aucune chance, te voila obliger de te nourrir que d’Elan pendant un mois ! Et ne triche pas, je le verrais si tu te nourrissais d’un grizzly.
—– - Je ne te félicite pas Edward ! Me taquina Emmett.
—– - Je ne m’en fais pas pour toi, tu trouveras bien un moyen de réduire ta peine !
—– - Oui et je sais déjà comment! Il me suffit de parier avec elle que je la bat au bras de fer.

Je lui fit alors un clin d’œil complice qui n’échappa pas à Alice.

—– - Je sais très bien ce qu’il prépare Edward, et je sais également comment ça va se finir! Son régime d’un mois va durer deux mois !

Ces chamaillerie m’avaient manquées, même si rester loin de Bella m’était insupportable, j’avais besoin de ma famille. Je m’en rendais compte à présent. C’était mon échappatoire, ils avaient toujours été là pour moi, et le seraient toujours. Avec Bella c’était différent. Moi je serais toujours à ses côtés, mais je ne pouvais pas prévoir ses choix. Un jour elle réalisera que je ne lui apporte rien de bon et elle ne voudra plus de moi. Je ne vois pas comment cela pourrait finir autrement. Je dois donc profiter de chaque instant passé avec elle comme si c’était le dernier.

—– - Emmett, lançais-je, parierais-tu que tu puisse me battre ?
—– - Bien sur, et sans aucune difficulté ! Si bien entendu tu ne trichais pas !
—– - Emmett tu sais très bien que je n’y peux rien ! C’est comme si on te disait de te battre sans utiliser ta force herculéenne. Allez, ne fais pas ta chochotte et viens te battre si tu es un vampire !
—– - Tu ne me le diras pas deux fois !

Et pour illustrer ses paroles, il se rua sur moi dans l’espoir de me faire tomber, mais j’avais vu son attaque avant qu’il se lance. Je fis alors un léger écart, juste assez pour lui faire mordre la poussière. D’un bond il se retrouva derrière moi. Je fis volte face et attaquais le premier. Il se retrouva à terre une seconde fois, vexé, il me prit par la gorge, et m’envoya contre un arbre. Je restais accroché à cet arbre, attendant son deuxième assaut. En un éclair il se retrouva devant moi, prêt à mordre, mais je fus plus rapide, et en une pirouette c’est moi qui posait mes dents sur son cou en tenant sa tête entre mes mains de marbre.

—– - J’ai gagné ! Lui murmurai-je à l’oreille. Et je serais toi je ne défierais pas Alice.
—– - Merci du conseil, mais avec deux tricheurs comme vous ce n’est vraiment pas facile de gagner.

J’éclatais alors de rire, tout comme Alice, tandis qu’Emmett se remettait de sa défaite.

—– - Bien joué Edward ! me félicita Alice silencieusement.

Après une bourrasque amicale à Emmett, je franchis la porte d’entrée, et rejoignis Carlisle au salon. Il lisait un de ses livres de médecine qu’il connaissait par cœur. Quand il me vit, il releva la tête et me sourit.

—– - Comment ça s’est passé avec Bella ?
—– - Bien, très bien même. Je n’aurais pu espérer mieux. Elle est tellement différente des autres humains.
—– - Désolé de te poser cette question, je ne t’oblige pas à répondre, mais l’aimes-tu ? Je veux dire par là, l’aimes-tu vraiment au point de ne pas pouvoir envisager ta vie sans elle ?
—– - Oui, Carlisle, je crois que oui. Rester loin d’elle m’est insupportable. Même à cet instant alors que je sais qu’elle dort paisiblement et qu’elle n’a rien à craindre, je ne peux m’empêcher de penser à elle.
—– - Je suis heureux pour toi alors. Je savais qu’une personne t’était destinée ici bas, et je suis persuadé maintenant qu’il s’agit bien de Bella. Et comme elle ferra partie de la famille d’une manière ou d’une autre, tu devrais l’amener ici.
—– - Justement j’y pensais. J’espère seulement qu’elle ne serait pas effrayée à l’idée de rencontrer toute une famille de vampire et de visiter leur maison. Mais après tout elle fait toujours le contraire des autres humains. Peut-être me surprendra-t-elle encore.
—– - J’en suis persuader. Et si elle t’aime comme tu l’aimes, rien ne pourra lui faire peur tant qu’elle sera prêt de toi.
—– - Merci Carlisle.
—– - Esmée va être ravie. Elle meurt d’impatience de la rencontrer enfin. Tu sais, elle souhaite plus que tout de te voir heureux. Et Bella te rends heureux.

Je le serrais dans mes bras, et montais ensuite dans ma chambre pour me détendre et rêvasser à loisir. Je mis le cd de Debussy, et m’installais dans le sofa, me laissant porter par la mélodie. Je m’imaginais la journée de demain, elle serait ici, près de moi, dans ma maison, dans ma chambre. J’étais persuadé que le courant passerait bien entre elle et ma famille. A l’exception de Rose peut-être. Mais son avis m’importait peu.
La mélodie tourbillonnait dans ma tête, et je m’imaginais valsant avec elle, ses cheveux flottant derrière elle, nos rires se mélangeant, son parfum voltigeant autours de moi.

Ma rêverie fut interrompue par Rose et Esmée qui revenaient de la chasse. Et d’après les pensées de Rose, Carlisle lui avait dit mes projets pour la journée de demain.

—– - Mais il est inconscient des risques qu’il nous fait prendre à tous ! Comment peut-il oser amener une humaine ici ? Je n’arrive pas à croire qu’il va faire une chose aussi stupide !
—– - Calme toi Rose, lui dit Emmett. Allez vient, arrête de faire les cents pas.

Je descendis, pour parler avec Rose. Je ne voulais pas qu’elle se comporte ainsi avec Bella demain.

—– - Edward, c’est merveilleux ! Je suis tellement impatiente de la voir enfin ! Elle serait très bien accueillit, ne t’en fais pas !
—– - Merci Esmée, j’espère que vous l’apprécieraient autant que moi.
—– - Je l’aime déjà pour le sourire qu’elle te donne.

Esmée ne put alors s’empêcher de me serrer dans ses bras, telle une mère félicitant son fils pour son mariage. Ce qui me fit sourire. Je me tournais ensuite vers Rose.

—– - Rose, il faut que je te parle.
—– - Très bien, allons dans le garage.

Elle passa devant moi, et s’adossa à sa voiture.

—– - Je ne lis pas dans les pensées, mais je crois savoir ce que tu veux me dire. Tu veux que je me montre aimable avec ta petite humaine, que je ne lui fasse pas peur. Pourtant, je pense que ce serait la meilleure chose à faire. Après tout, elle sait que nous sommes des vampires, donc elle n’aura pas de surprise si je me comporte en tant que tel !
—– - Tu ne feras pas ça Rose. Je ne te demande pas d’être amie avec elle, ni même de l’accepter. Je veux juste que tu te montre gentille avec elle, ça ne prendra que quelques minutes.
—– - Et pourquoi je t’obéirais ?
—– - Je ne te demande pas de m’obéir, mais je te demande de me rendre un service. Et tu le fais pas uniquement pour moi. Pense à Esmée. Elle se fait une joie de rencontrer Bella. Je peux l’entendre d’ici. Et tu ne resteras pas longtemps dans la même pièce qu’elle ne t’en fais pas.
—– - Très bien. Mais sache que, contrairement à Carlisle, je ne la considère pas comme appartenant à la famille.

Elle me tourna le dos et sortit. Je l’entendais encore fulminer en montant dans sa chambre en compagnie d’Emmett, mais j’étais rassuré. Elle se conduirait, du moins en apparence, convenablement avec Bella. Je retournais ensuite au salon où m’attendaient Esmée, Carlisle, Alice et Jasper.

A peine ai-je franchis l’entrée du salon, que j’étais envahis des pensées d’Esmée qui voulait que je lui raconte ma journée avec Bella. Cependant je n’avais pas envie de rentrer dans ce genre de détail pour le moment. Tout ceci était trop nouveau pour que je veuille le partager. Je voulais garder pour moi tout les sentiments et les émotions que j’avais ressenti aujourd’hui. Je savais que c’était très égoïste de ma part, car elle était la mère la plus attentionnée que je connaisse, et elle avait juste envie de partager mon bonheur, mais je préférais le garder intacte. Pour contrer toute interrogation de sa part, je m’installais au piano. En un sens je lui racontais ma journée en musique. Et elle s’aurait interpréter ma mélodie.

En pensant à Bella, les accords se firent naturels et mélodieux. Très doux et mystérieux. Dans ma tête je revoyais des flashs de la journée. Son visage découvrant la clairière. Puis mon attitude lorsque je me suis laissé emporté par ma vraie nature, à cet instant la mélodie se fit plus sombre, et les accords plus graves. Je laissais ensuite une note en suspend, puis repris au moment où je me suis ressaisit et que Bella m’a pardonné. La musique continua ainsi, Esmée écouta attentivement sans m’interrompre.

—– - J’aime ta façon de me faire partager tes sentiments tout en gardant secrète tes pensées. Il n’y avait pas de meilleur moyen pour que nous soyons tout les deux satisfait.

Je lui souris et continuais à jouer. Chaque moment de la journée prenait vie en musique. Et je me dit qu’une partie de ce que je venais de jouer pourrait aisément venir compléter la berceuse de Bella.

Tout le temps que je jouais, Esmée se tenait derrière moi, me pressant l’épaule de temps en temps lorsque la mélodie changeait de ton. Et quand vint l’accord final, elle s’éclipsa en me remerciant.

Alice sautilla devant moi et me prit par le bras.

—– - Allez viens, on va chasser. Si tu passes la journée avec elle et que tu l’amène ici, il faut que nous prenions nos précautions. Jasper y est partit avec Emmett. Et toi tu viens avec moi !
—– - Mais j’ai déjà été chassé avant de passer tant de temps avec elle ! protestai-je
—– - Oui, mais il vaut mieux prendre trop de précaution que pas assez. Et j’ai vu que tu voulais me parler dans la forêt, donc raison de plus !
—– - Je n’avais pas l’intention de te parler pour le moment, et encore moins dans la forêt !
—– - Et bien sache que ça va venir. Et arrête de discuter, plus vite on y va et plus vite tu pourras aller la rejoindre.
—– - Très bien, de toute façon avec toi, inutile de discuter.

Nous courrions à une vitesse vampirique, et nous ne tardâmes pas à rencontrer un troupeaux d’Elan. Je pris le mâle, et un seul me suffit, je n’avais pas vraiment soif. Alice prit deux femelles. Lorsque nous eûmes finit, je repensais à ce qu’Alice avait dit. Que je voudrais lui parler dans la forêt. Mais tout à coup Alice se figea et je vis en même temps qu’elle sa vision. Des vampires vont arriver en ville. Des vampires que nous ne connaissions pas. La vision était flou, se qui signifiait que ces vampires n’étaient pas sur de leur choix. Cette vision n’était pas alarmante, après tout, d’autres vampires sont déjà passés par Forks, et ne nous ont pas posés de problèmes. Et ils n’étaient pas encore en ville, ils pourraient à tout moment changer d’avis et passer par une autre ville.

—– - Alice tu les connais ?
—– - Non, je ne les ais jamais vu. Je pense qu’ils sont juste de passage. Ce sont des nomades. Ils ne nous poseront pas de problèmes.
—– - C’est aussi ce que je pensais. Préviens-moi si tu vois autre chose les concernant.

Mon instinct protecteur me disait de me méfier d’eux. Et mes pensées s’orientèrent aussitôt vers Bella. Non, elle ne risquait rien. Son sang ne faisait pas le même effet à tous les vampires. Son pouvoir d’attraction m’était réservé.

Nous décidâmes ensuite de rentrer, pour informer Carlisle de la venue éventuelle de nouveaux vampires à Forks.

—– - Je ne pense pas qu’ils nous causeront de tord. Cependant je préférais tout de même qu’ils ne s’attardent pas en ville. S’ils attaquaient trop d’humains à Forks cela pourrait nous nuire, nous dit Carlisle une fois informé.
—– - Tu as raison Carlisle, je vais essayer de surveiller leurs décisions, répondit Alice.
—– - Moi je retourne auprès de Bella. Je reviendrais avec elle dans la matinée, soyez là.
—– - Ne t’inquiète pas Edward, nous ne sommes pas des sauvages, tout ce passera bien, me dit Alice.
—– - Oui, je suis sûr que tout va très bien ce passer, confirma Carlisle.

Je fis alors une vision d’Alice, me montrant l’accueil amicale auquel Bella aura droit tout à l’heure. Même si les visions d’Alice pouvaient changer, elles me rassuraient. Je montais ensuite dans ma chambre pour me changer. Je rejoignis ensuite Bella toujours endormie. Elle n’avait pas bougée en mon absence. Un sourire étira mes lèvres. Je compris alors que sans en avoir conscience, lorsque je m’étais éloigné d’elle, un vide s’était formé en moi, et ce vide venait subitement de se combler à la vue de cet ange endormit.

J’étais heureux à l’idée de la présenter à ma famille. Cela officialisait en quelque sorte notre relation. J’étais également désireux qu’elle en fasse de même. Bien entendu pas avec toute sa famille. Il me serait difficile de rencontrer sa mère dans l’immédiat. Mais il est nécessaire que je me présente à son père dans les formes. Et si elle refusait comme je l’imaginais, il me suffirait de la convaincre. Ce n’était pas si difficile avec elle.

Un petit rire m’échappa. Je repensais au moment où elle ne voulait pas me laisser conduire en revenant de la clairière. Finalement elle avait cédé. Et de toute façon, il allait bien falloir expliquer à son père pourquoi nous passions tant de temps ensemble. Il allait finir par se poser des questions et ce n’était pas à lui d’en tirer des conclusions. Je voulais me montrer responsable, pas comme tout ces garçons immatures qui ne pensent qu’à s’amuser. Je voulais que le père de ma petite amie ait confiance en moi.

« Petite amie ». Ce terme me plaisait. Je me le répétais dans ma tête. Jamais je n’aurais cru pouvoir employer ce terme un jour pour une humaine.

Je voulais m’installer tout contre elle, mais le froid de ma peau l’aurait réveillée, je me réinstallais donc dans le rocking-chair, me balançant doucement, rejouant la mélodie dans ma tête, cette mélodie parfaite qui collait à notre histoire. Je me demandais, comment elle allait réagir quand je lui annoncerais qu’elle passerait la journée dans un nid de vampire. Aurait-elle vraiment peur cette fois ? Elle aurait pourtant toutes les raisons du monde d’être effrayée, mais quelque chose me dit que ce ne serait pas le cas. Ce qui me rendait plus serein.

Au bout d’un moment, j’entendis sa respiration s’accélérer quelque peu, elle se faisait moins profonde, ce phénomène était souvent imperceptible pour les oreilles humaines, mais pas pour les vampires. Elle se réveillait. Son bras était sur ses yeux, pour se protéger du jour naissant et pour prolonger son sommeil. Elle gémit et roula sur le flanc. Elle ouvrit les yeux et bondit dans son lit. C’est ce que l’on appel un réveil en sursaut, je présume.

—– - Oh ! fit-elle en s’assaillant brusquement dans son lit. Si vite que ses cheveux restèrent en désordre.
—– - Tes cheveux ressemblent à un nid de corneilles… mais ça me plait bien.
—– - Edward ! Tu es resté !

Elle se leva et vint se jeter sur mes genoux. Je repensais alors au mot qu’elle avait dit avant que je parte. « Reste ». Son rêve était réalité. Enfin presque, j’étais revenu. Donc c’est comme si j’étais resté. Un instant je cru qu’elle pouvait lire dans les pensées. Elle venait de se figer, sans raison apparente. Non, elle ne pouvait pas lire dans les pensées. C’était stupide de penser ça. Elle me regarda ensuite timidement, et je compris. Elle craignait d’avoir été trop brusque. En effet, il y a quelques heures à peine on évitait tous contacte, et là elle se jetait sur moi sans retenu. Cette sensation de chaleur qui inondait mes jambes était très agréable, et rendait supportable la brulure de ma gorge. Je m’esclaffais de joie face à son air faussement timide.

—– - Evidement !

Sa brusquerie était révélatrice. Elle se sentait bien avec moi, et avait toute confiance en moi. Et ça me plaisait beaucoup, beaucoup trop même. Mais qu’importe. Tout ce qui comptait à cet instant c’était que nous étions heureux d’être ensemble. Le reste n’avait aucune importance. Mes mains caressèrent son dos, doux et chaud, je vis quelques poils de son dos d’iriser sur mon passage. Mais elle ne sembla pas le remarquer. Elle posa sa tête sur mon épaule, et je l’entendis respirer à plein poumon mon odeur. Comme s’était étrange. Mon odeur l’a rendait accro, tout comme moi, à la différence qu’elle ne voulait pas me dévorer. A cette pensée, la douleur de ma gorge se fit plus intense. Je serrais les dents et me concentrais sur autre chose. Sur la journée pleine de surprise que nous allions passer à la villa.

—– - J’étais sûre qu’il s’agissait d’un rêve.
—– - Tu n’as pas assez d’imagination pour ça, la taquinai-je.
—– - Bon sang ! Charlie !

Elle bondit une nouvelle fois, mais vers la porte de la chambre ce coup-ci. Charlie était déjà partit depuis un moment, un peu après que je sois arrivé. Je l’avais entendu se préparer, ses pensées étaient confuses, et je n’en avais pas bien saisis le sens. Mais au moins, contrairement à sa fille, j’arrivais à saisir la plupart de ses pensées. Avant de démarrer sa voiture, je l’entendis ouvrir le capot de celle de Bella. Je souris en pensant qu’il ne fallait pas grand-chose pour empêcher Bella de filer en douce.

—– - Il est parti il y a une heure, lui annonçai-je. Après avoir rebranché les fils de ta batterie, suis-je obligé de préciser. J’avoue être déçu. Cela seul suffirait donc à t’empêcher de filer ?

Elle resta immobile à me regarder. Elle semblait hésitante, comme partager entre revenir vers moi et continuer sur sa lancée. Mais je voulais qu’elle revienne se blottir contre moi.

—– - D’habitude, tu es plus vive qui ça, le matin.

Je lui tendis les bras en signe d’invitation. Si elle hésitait pour ne pas me compliquer les choses, il me semblait que ceci répondrait à ses inquiétudes.

—– - J’ai besoin d’une nouvelle minute d’humanité, avoua-t-elle finalement.
—– - J’attendrais donc.

Je restais alors immobile, statufié, attendant qu’elle me délivre de mon sort. Je l’entendis se précipiter dans la salle de bain, elle se brossa les dents. J’entendis ensuite le bruit de la brosse essayant de démêler ses cheveux, elle fit ensuite couler de l’eau. J’avais l’éternité pour l’attendre, mais j’espérais qu’elle ne prenait pas un malin plaisir à me faire attendre. Et quand elle eut enfin fini, elle revint vers moi en courant. Comme j’étais heureux en cet instant. J’aurais aimé que le temps s’arrête sur nous.

—– - Enfin là, murmurai-je en l’enlaçant. Je la berçais ainsi, profitant pleinement de sa présence, de son odeur enivrante, de sa chaleur, mon souhait semblait presque être réalisé.
—– - Tu as osé me quitter ? M’accusa-t-elle en effleurant le col de ma chemise. Ainsi elle avait remarqué ! J’avais oublié à quel point elle était observatrice.
—– - Je ne pouvais décemment pas garder les vêtements d’hier ! Qu’auraient pensé les voisins ?

Pour toute réponse, elle prit son air boudeur. Je me sentis alors obligé de me justifier et de la rassurer sur ma très courte absence.

—– - Tu étais profondément endormie. Je n’ai rien loupé. Tu avais déjà parlé, ajoutai-je malicieusement. Je savais qu’elle n’aimait pas qu’on la surprenne en train de parler en rêvant. Elle qui détestait afficher ses faiblesses, elle ne pouvait rien contrôler lorsqu’elle dormait et que son subconscient prenait la relève.
—– - Qu’ai-je dit ? Grogna-t-elle
—– - Que tu m’aimais. Cette pensée me faisait revivre le moment. Ces mots avaient une saveur particulière dans sa bouche.
—– - Ce n’est pas un scoop.

Ses joues prirent une légère teinte rosée, très appétissante, heureusement que j’avais écouté Alice en allant chasser ! Mais contrairement à ce que je m’apprêtais à combattre, ce n’est pas ma gorge qui me faisait souffrir, c’était une autre sensation, une sensation humaine. Ce n’était pas une vague de soif mais une vague de désir. J’essayai alors de maitriser comme je le pouvais ce sentiment que je ne contrôlais pas encore totalement. Je me remémorais ses douces paroles lorsqu’elle avait parlé cette nuit, ce qui apaisa mon malaise.

—– - C’était plaisant à entendre quand même.

Et comme pour défier mon contrôle, elle enfouit sa tête dans mon épaule. Sa chaleur me brulait presque, mais pour rien au monde je me serais plain.

—– - Je t’aime, chuchota-telle
—– - Tu es ma vie, désormais, répondis-je. Le verbe aimer n’était plus assez fort pour qualifier ce que je ressentais pour elle.

Ce moment était parfais, nous n’avions pas besoin de parler. Nous nous balançâmes dans le rocking-chair jusqu’au lever du jour. J’aurais aimé que le soleil monte moins vite dans le ciel. Ainsi nous aurions pu rester serré l’un contre l’autre plus long. Aucun de nous deux n’osait bouger et rompre cette intimité et cette proximité. Mes doigts se baladaient le long de sa colonne vertébrale et elle se contentait de se laisser aller contre moi, son cœur battait à un rythme régulier, ce qui était rare chez Bella. Une fois cependant, il s’emballa sans raison apparente, mais Bella n’avait pas bougé d’un centimètre. Elle ne souhaitait donc pas partager ses pensées. Ce silence venait d’elle était vraiment insupportable à certain moment. Sa particularité m’irritait, mais elle rétablissait l’équilibre entre nous. Ainsi, je n’avais aucun avantage sur Bella, elle pouvait en être sûre. Tous mes sentiments envers elle étaient sincères, il n’y avait aucune triche entre nous. Nous vivions les mêmes instants avec les mêmes sentiments, les mêmes craintes, la même sincérité. Je me promis alors d’être plus patient et de respecter son silence quoi qu’il arrive. Face à elle j’étais certes désarmé, mais elle l’était aussi.
La lumière du jour se fit ensuite plus vive dans sa chambre.

—– - C’est l’heure du petit-déjeuner, décrétais-je finalement pour lui montrer que je n’oubliais pas ses besoins aujourd’hui.

Mais contre toute attente, elle s’attrapa la gorge à pleine main et me regarda avec de grands yeux écarquillés d’horreur. Sa réaction me choqua, comment pouvait-elle imaginer une chose pareille ? Je regrettais déjà de m’être promis de respecter le silence de ses pensées. Cette vue me dégouta et je tournais les yeux.

—– - Je blague, rigola-t-elle. Toi qui prétendais que je ne savais pas jouer la comédie.
—– - Ce n’était pas drôle, répliquai-je en fronçant les sourcils. Il y a des choses avec lesquelles ont ne doit pas rire, et cette situation en faisait partie.
—– - Ça l’était, et tu le sais.

Visiblement elle ne saisissait pas le véritable sens de mon dégout face à sa blague. Mieux valait donc de passer à autre chose, je voulais passer une merveilleuse journée avec elle. Par conséquent, quand elle m’observa pour voir si je la pardonnais, mon regard s’était adouci.

—– - Faut-il que je reformule ? Demandai-je. C’est l’heure du petit déjeuné pour les humains.
—– - Très bien.

Je me relevais alors rapidement et la jetais doucement sur mon épaule. Elle protestait, et exigeait que je la repose tout de suite, me disait qu’elle était assez grande pour marcher toute seule, mais ses protestations m’amusèrent et je descendis l’escalier. Je l’assis ensuite de force sur une chaise.

—– - Qu’y a-t-il à manger ?

Etant donné que je l’avais porté jusqu’ici et l’avais installé sur une chaise, il était normal à ce qu’elle s’attende à ce que je lui serve son petit déjeuné. Seulement je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait pour ça. Il y avait tellement longtemps que je n’avais pas été confronté à une situation semblable que je n’avais pas la moindre idée de ce que les humains aimaient manger le matin. De plus je ne connaissais pas ses goûts en matière culinaire.

—– - Euh… je ne sais pas. De quoi as-tu envie ?

Elle vit ma perplexité, et vint à mon secours. J’étais pitoyable. Je voulais être le chef pour une matinée et je n’étais même pas capable de la nourrir.

—– - T’inquiète ! Je suis capable de m’occuper de moi. Observe un peu comment je chasse.

Elle se leva d’un bond, pris un bol et un paquet de céréales. Elle versa le lait dans le bol et prit une cuiller. Je mémorisais chaque geste pour pouvoir les reproduire si l’occasion se représentait. Elle posa tout sur la table, puis s’interrompit.

—– - Tu veux quelque chose ? demanda-t-elle poliment.
—– - Mange, Bella ! Rétorquai-je en levant les yeux au ciel.

Elle s’installa devant son bol et commença à manger tout en m’observant. J’en fis de même. La regarder manger était presque aussi fascinant que la regarder dormir. Elle prenait le temps de mâcher ses céréales. J’aurais aimé pouvoir y goûter. La nourriture humaine me manquait d’une certaine façon. Les saveurs étaient beaucoup plus variées que le sang. Je n’arrivais même plus à me souvenir du goût de mon plat préféré en tant qu’humain. Mais ses céréales n’avaient rien d’appétissante.

—– - C’est quoi le programme, aujourd’hui ? Demanda-t-elle en interrompant mes pensées.
—– - Voyons…

J’appréhendais sa réaction, et je réfléchis à la meilleure façon de présenter la chose. Je savourais ce petit suspense devant son air curieux.

—– - Que dirais-tu de rencontrer ma famille ?

Elle faillit s’étrangler avec ses céréales. Ainsi mon annonce avait fait son effet. Mais était-ce le bon effet ? Etait-elle effrayée par ma famille ? Refuserait-elle de les rencontrer ? Je comprenais sa peur, et je ne pouvais pas lui en vouloir. En fait, je l’espérais même.

—– - Ça t’effraie ?
—– - Oui, reconnus-je. Mais son verdict ne remettait pas en cause mon choix de lui présenter ma famille. C’était de moi qu’il fallait qu’elle ait peur. De ma famille, je la protègerais.
—– - Ne t’en fais pas, me moquai-je, je te protègerai
—– - Je n’ai pas peur d’eux. J’ai peur qu’ils… ne m’apprécient pas. Ne risquent-ils pas d’être surpris que tu ramènes quelqu’un… comme moi… à la maison ? Savent-ils que je suis au courant ?

Sa réponse me prit de court. Elle était vraiment inconsciente de tout danger. Toutes ses réponses me surprenaient. Pourtant j’avais peine à cacher ma joie après l’inquiétude qui m’avait traversée. Et sa visite était un moment attendu par la majorité.

—– - Oh, on ne peut rien leur cacher, lançai-je sarcastique. Hier, ils pariaient sur les chances que tu avais de revenir vivante. C’était à six voix contre celle d’Alice. Je me demande bien pourquoi. Quoi qu’il en soit, nous n’avons aucun secret les uns pour les autres. C’est d’ailleurs à peu près impossible, entre moi qui intercepte les pensées et Alice qui devine l’avenir.
—– - Sans parler de Jasper, qui doit être capable de te donner l’impression qu’il serait tellement agréable et confortable de lui raconter tout ce que tu as sur le cœur.
—– - Tu es décidément très attentive !
—– - On me l’a déjà dit. Alors, Alice m’a-t-elle vue rentrer ?

Les visions d’Alice étaient la dernière dont je voulais parler avec elle. Je ne voulais pas évoquer avec elle le fait qu’Alice m’ait vue la tuer, ou qu’elle soit devenue vampire. Elle n’avait pas à connaître ce genre de détail, qui de toute façon n’allait pas se réaliser.

—– - Quelque chose comme ça, marmonnai-je, gêné. C’est bon ? Ajoutai-je pour la taquiner, et surtout pour changer de sujet. Franchement ça n’a pas l’air très appétissant.
—– - Eh bien ça ne vaut pas le grizzli irritable.

Elle se dépêcha de terminer son petit-déjeuner. Pendant ce temps, je contemplais la fenêtre, du moins en apparence. En réalité, j’étais quelque peu angoissé à l’idée qu’elle rencontre ma famille, même si j’avais la certitude que tout allait très bien se passer. Je cherchais également un moyen de lui présenter mon désir de rencontrer son père officiellement. Il était important pour moi de respecter les usages. Peut-être trouverait-elle ma requête, futile ou inutile, mais j’y tenais, et je voulais qu’elle comprenne mon sentiment à ce sujet.

—– - Tu devrais aussi me présenter à ton père, hasardais-je finalement.
—– - Il te connait déjà.
—– - Pas comme ton petit-ami.
—– - Pourquoi ferais-je ça ?
—– - Ce n’est pas la coutume ?
—– - Aucune idée.

Oui, elle n’avait aucune conscience des usages qui voulaient que les garçons honnêtes se présentent aux parents de leur bien-aimée pour pouvoir la fréquenter. Peut-être me trouvait-elle un peu vieux jeu de ce point de vue là, mais ça faisait partie à part entière de mon éducation.

—– - Ce n’est pas nécessaire, reprit-elle. Je ne m’attends pas à ce que… Personne ne te force à jouer le jeu.
—– - Je ne joue pas.

Elle se mordit les lèvres en repoussant les céréales sur le bord du bol. Elle n’avait pas comprit que je ne faisais pas cela pour lui plaire uniquement, mais par soucis des traditions, des coutumes, et surtout par respect pour elle et son père. Ou alors, peut-être qu’elle ne voulait pas avouer à son père qu’elle sortait avec moi. En même temps qui aurait envie de présenter un vampire à ses parents ?

—– - Diras-tu à Charlie que je sui le garçon avec lequel tu sors, oui ou non ? Insistai-je.
—– - Car c’est ce que tu es ?
—– - J’admets que c’est une acceptation un peu large du mot garçon.
—– - J’avais l’impression que tu étais plus que ça.

Ainsi j’avait vu juste, elle redoutait la perspective de me présenter à son père comme son petit ami. Espère-t-elle ainsi éviter les questions gênantes que posent les parents dans une situation semblable ? Pourtant, il faut bien que Charlie l’apprenne. Et ce serait beaucoup mieux pour tout le monde qu’il l’apprenne de nous.

—– - Eh bien, je ne suis pas sûr que nous soyons obligés de lui donner les détails les plus sanglants. Mais il va falloir lui expliquer pourquoi je passe autant de temps avec toi, ajoutai-je en lui soulevant le menton d’un doigt. Je ne tiens pas à ce que le Chef Swan prenne des mesures de coercition à mon encontre.
—– - Seras-tu là ? demanda-t-elle soudain inquiète. Seras-tu vraiment là ? Toujours ?
—– - Aussi longtemps que tu voudras de moi. Lui assurai-je.
—– - Je ne me lasserai jamais de toi. Jamais !

Je contournais la table, et m’arrêtais près d’elle, lui frôlant la joue. Elle disait ne jamais se lasser de moi. Si cela pouvait être vrai. Je ne demandais pas mieux. Mais avais-je le droit de lui demander ça ? Non, bien sûr. De toute façon, je n’avais pas à m’en faire, elle allait finir par se lasser de moi. Un humain ne peut pas s’attacher à un vampire. Pensait-elle vraiment ce qu’elle venait de dire ? Jamais n’avait pas le même sens pour elle que pour moi. Mais quoi qu’il arrive, moi je ne me lasserais jamais d’elle. Je lui appartiendrais pour l’éternité, et je serais à ses côtés aussi longtemps qu’elle le désirera.

—– - Tu as terminé ?
—– - Oui
—– - Va t’habiller. Je t’attends ici.

Je l’entendis faire les cents pas devant sa penderie, elle ne devait pas savoir comment elle allait s’habiller. Ce qui me fit sourire. Je m’assis sur les dernières marches de l’escalier pour l’attendre. Puis je repensais à notre petite discutions, et me demandais pourquoi cela la gênait tant de me présenter à son père. Un père devait plutôt apprécier se genre de tradition. Peut-être redoutait-elle la réaction de celui-ci, si elle lui présentait un garçon. Pourtant, je pensais le chef Swan plus ouvert d’esprit. Toutes ces questions me donnaient le tournis, et étaient condamnées à rester sans réponses. Elle ne me dirait jamais la vraie raison de son hésitation. Et je n’avais pas le pouvoir de lire dans ses pensées, alors autant mettre tout ça de côté pour le moment.
J’entendis ensuite ses pas s’accélérer, elle se dépêchait. Inconsciemment, je croisais mes doigts pour qu’elle ne trébuche pas en précipitant ainsi.

—– - Ça y es, cria-t-elle en dévalant l’escalier, je suis à peu près décente.

Elle n’avait pas vu que je l’attendais au pied de l’escalier, et elle dérapa. Je la rattrapais de justesse avant qu’elle ne tombe la tête la première. Je la maintenais d’abord à une distance nécessaire pour que je puisse juger de cette tenue qu’elle disait décente, mais quand je vis sa jupe kaki mi-longue, laissant paraître ses fines chevilles, et ce corsage bleu marine, qui se mariait si bien avec le parfum de sa peau, je ne pus résister plus longtemps au désir que je tentais vainement de maitriser. Je l’attirais alors brusquement contre moi.

—– - Encore une fois, tu as tout faux, murmurai-je à son oreille. Tu es scandaleusement indécente. Aucune femme ne devrait avoir le droit d’être aussi tentante, c’est injuste.
—– - Comment ça, tentante ? demanda-t-elle sans comprendre. Je peux me changer…
—– - Tu es absurde, soupirai-je secouant la tête. Comment ne pouvait-elle pas se rendre compte de l’effet qu’elle me faisait ! Ça crevait les yeux pourtant. Et mon incapacité de me contenir n’arrangeait rien !

Je m’autorisais alors une exception. La tentation était trop forte et le risque minime. Je resserrais mes bras autour de sa taille, et appuyais mes lèvres de glace sur son front tiède et parfumé. J’emplis mes poumons de son arôme, et savourais la douleur que cela me procurait. Ma gorge me brulait, mais je pouvais le surmonter. L’effort, pour ne pas faire glisser mes lèvres sur sa joue et ensuite sur sa bouche, était incommensurable. J’y parvins à force de volonté.

—– - Est-il vraiment nécessaire que je t’explique pourquoi tu me tentes ?

Mes s’échappaient de mon contrôle pour se positionner dans son dos, et la caresser doucement. Elle semblait apprécier. Résister à cet appel était vraiment trop dure. Le risque est vraiment minime me répétai-je. Ce n’est pas la soif qui me contrôle à cet instant, mais le désir que j’aie pour elle. Ma respiration était de plus en plus hachée, chose étonnante car l’air ne m’était indispensable. Une sensation étrange se manifesta au creux de mon ventre. Une fois encore, la soif n’y était pour rien. Ma bouche s’entrouvrit pour trouver la sienne, comme un noyé cherchant l’air nécessaire à sa survit. Et lorsque mes lèvres effleurèrent les siennes, elle s’évanouit pour la deuxième fois en deux jours !

—– - Bella ? M’écriai-je, inquiet, en la rattrapant.
—– - Tu… m’as…fait… tomber… dans les pommes.
—– - Mais comment faut-il que je me comporte ? Hier, quand je t’ai embrassée, tu m’as carrément attaquée. Aujourd’hui, tu t’évanouis. Elle rit faiblement et se laissa aller dans mes bras. Apparemment, tu vas devoir réviser ta théorie sur mon excellence dans tous les domaines…
—– - Ne te dénigre pas. Tu es trop habile, c’est ça le problème. Beaucoup, beaucoup trop habile.
—– - Tu ne vas pas être malade, hein ?
—– - Non. Ce n’est pas comme l’autre fois. Je crois juste que j’ai oublié de respirer.

Elle aimait que je m’inquiète pour elle ! Je ne voyais pas d’autre explication. Pourtant je savais bien que je n’étais pas aussi habile qu’elle aimait le dire, sinon elle ne s’évanouirait pas à chaque baiser.

—– - Tu n’es pas en état de sortir.
—– - Je vais bien. De toute façon, ta famille va me prendre pour une folle, alors, qu’elle importance ?

Je ne pouvais détacher mes yeux d’elle. Je la contemplais longuement. La couleur de son chemiser s’accordait parfaitement à son odeur, si délicate, tellement envoutante.

—– - J’ai un faible pour la manière dont la couleur de ce chemisier s’accorde à ta peau, finis-je par lui dire. Elle rougit et détourna les yeux, un peu gênée.
—– - Ecoute, répondit-elle brusquement. Je m’escrime à éviter de réfléchir à ce que je suis sur le point de faire. Alors, pourrions-nous y aller, maintenant ?

J’arrivais à percevoir son stresse. Mais c’était assez amusant, dans le sens qu’elle n’angoissait pas pour la bonne raison.

—– - Tu t’angoisse non parce que tu vas mettre les pieds dans un nid de vampires, mais parce que tu as peur que ces vampires te rejettent, c’est ça ?
—– - Exactement, riposta-elle.
—– - Tu es incroyable.

Je n’en revenais pas. Comment pouvait-on être inconscient du danger à ce point ? Je préférais finalement, ne pas chercher à comprendre.
Nous prîmes ensuite sa voiture, et je conduisis, en direction de la villa. C’était une torture pour moi de conduire sa Chevrolet. Evitant alors de trop regarder la route, pour ne pas déprimer de sa lenteur, je préférais concentrer mes pensées sur Bella, espérant ainsi réduire mon impatience au silence. Elle regardait la route, les maisons devant lesquels nous passions, elle n’avait aucune idée de l’endroit où j’habitais. Et plus nous nous approchions de la villa, plus elle semblait dépaysée. Elle ne s’attendait apparemment pas à ce que nous habitions dans un endroit aussi isolé, pourtant, si elle y avait réfléchit quelques instant elle en aurait compris la raison.
Quand elle vit la villa, je pus entendre son cœur s’accélérer quelques peu, et voir ses pupilles se dilater légèrement. Elle était… surprise ? Peut-être s’attendait-elle à autre chose.

—– - Dis donc ! Souffla-t-elle.
—– - Elle te plaît ?
—– - Elle… ne manque pas de charme.

L’effort qu’elle faisait pour cacher son étonnement était amusant. Je tirais alors doucement sur sa queue-de-cheval pour la taquiner en m’esclaffant.

—– - Prête ?
—– - Pas le moins du monde, plaisanta-t-elle, allons-y.

Je la sentie se tendre d’avantage, et elle lissa ses cheveux nerveusement. Je prie alors sa main dans la mienne pour tenter de l’apaiser.

—– - Tu es magnifique.

Nous nous approchions de la villa, et son stresse était palpable. Je lui caressais doucement la main avec mon pouce pour la détendre. Je lui tins ensuite la porte. Je m’éclipsais devant elle, en parfait gentleman, pour la laisser entrer la première. Mes parents nous attendaient prêt du piano. Esmée bouillonnait d’impatience, contrairement à Carlisle qui était très calme. Carlisle avait suggéré à Esmée de ne pas venir à notre rencontre, pour ne pas effrayer Bella, il trouvait plus judicieux que ce soit elle qui s’approche, à son rythme si elle le voulait.

—– - Carlisle, Esmée, je vous présente Bella, lançais-je pour rompre le silence. —– - Soit la bienvenue, Bella, lui dit Carlisle en approchant doucement, à pas exagérément lent. Il prenait cette initiative car il l’avait déjà rencontré. Il pensait ainsi la mettre en confiance.
—– - Ravie de vous revoir, docteur Carlisle, lui répondit-elle en lui serrant la main qu’il tendait.
—– - Je t’en prie, appelle-moi Carlisle.
—– - Entendu, répondit-elle ravie de cette accueil.

Je la sentais se détendre un peu, et j’en fus soulagé. Malgré le fait qu’elle me dise ne pas avoir peur de ma famille de vampire, j’en doutais sincèrement. Mais l’accueil chaleureux et familiale de Carlisle avait eu raison de son stresse. Je lui en étais reconnaissant. Voyant Bella se détendre, Esmée me demanda silencieusement si elle pouvait approcher, je lui fis un signe rapide des yeux, et elle se mêla à nous à son tour.
Tout comme Carlisle, elle tendit à Bella une poignée de main, que celle-ci serra, ne laissant paraître aucun signe de gêne au contacte de notre peau glacée.

—– - Heureuse de te connaître, lui dit Esmée.
—– - Où sont Alice et Jasper ? Demandai-je.

Au même moment, je les entendais descendre l’escalier pour nous rejoindre.

—– - Nous ne voulions pas l’effrayer en lui sautant tous dessus en même temps Edward… Nous voulions d’abord voir sa réaction avec Esmée et Carlisle. Hé, Edward ! Me hélas Alice, mine de rien.

Comme à son habitude, Alice en faisait trop. Elle dévala l’escalier rapidement et vint se posté devant Bella à vive allure. Je retins malgré moi mon souffle, avec une seconde d’appréhension. Alice le remarqua et me montra une vision d’elle et Bella, grandes amies.

—– - Salut, Bella ! lui dit Alice très sure d’elle.

Et avant même que je n’ai eu le temps d’anticiper quoi que ce soit, Alice se pencha sur Bella et embrassa sa joue. Je trouvais que pour une première rencontre elle allait un peu loin. Bella aurait pu prendre peur à tout moment. Je me raidis instinctivement, même si cela était inutile. Une pensée passa rapidement dans la tête de ma sœur, et je ne pu la saisir complètement, mais les paroles qu’elle lança après ne me plurent en aucun cas.

—– - Tu sens très bon, je ne l’avais pas encore remarqué.

Je m’apprêtais à lancer une remarque à ma sœur, mais je me sentais soudainement détendu… Je regardais alors Jasper qui s’approchait à son tour. Accueillir Bella était une chose très difficile pour un jeune végétarien comme lui.

—– - Bonjour, Bella.

Malgré la vague de bien être qu’il dégageait, il préféra garder ses distances avec Bella. Je ne pouvais que lui en être reconnaissant.

—– -Bonjour, Jasper, répondit Bella, un peu intimidée. Je suis très contente de vous rencontrer, ajouta-t-elle à tout le monde. Vous avez une très belle maison.
—– - Merci, répondit Esmée. Nous sommes enchantés que tu sois venue.

Esmée était étonnée de la sérénité avec laquelle Bella faisait face à cette situation. Moi aussi d’ailleurs. Carlisle m’annonça ensuite une nouvelle que je redoutais…

—– - Alice à eu une autre vision des nomades… Ils savent que nous sommes ici… leur route est encore incertaine, mais elle a sentit de la curiosité… ils tenteront peut-être une approche. Nous n’avons rien à craindre d’eux, mais je pense qu’il serait préférable que tu tiennes Bella éloignée de tout ça.
Je lui répondis d’un hochement de tête que je voulais discret, mais Bella était trop près de moi, et j’avais l’impression qu’elle avait interceptée notre discussion mentale.

—– - Tu joues ? demanda Esmée à Bella, devant son intérêt soudain pour le piano.
—– - Pas du tout. C’est un merveilleux instrument. Il est à vous ?
—– - Non, rit-elle. Edward ne t’as pas dit qu’il était musicien ?
—– - Jamais, répondit-elle en me fusillant du regard. Quoique j’aurais dû m’en douter, j’imagine.
Esmée ne saisit pas tout de suite le sens de sa phrase, et Bella précisa.
—– - Edward réussit tout ce qu’il entreprend, non ?

Jasper ricana, et Esmée me lança un regard de reproche.

—– - J’espère que tu n’as pas fanfaronné, me morigéna-t-elle, ce n’est pas très élégant.
—– - Juste un peu, ripostai-je gaiement.

Je partis d’un grand éclat de rire, Esmée s’adoucit, comprenant que je ne m’étais pas vanté à tord et à travers.

—– - En réalité, il a été trop modeste, intervient Bella.
—– - Eh bien, joue donc pour Bella, Edward, m’encouragea ma mère.
—– - Tu viens juste de dire que fanfaronner était mal élevé.
—– - J’aimerais t’écouter, insista Bella.
—– - Affaire conclue, décréta alors Esmée en me poussant vers le piano.

Même si je ne voudrais l’admettre pour rien au monde, jouer devant Bella me faisait une boule au ventre. J’allais lui jouer sa berceuse pour la première fois, après lui avoir tant fredonné… Je l’entrainais avec moi jusqu’à piano, et l’invita à s’asseoir à mes côtés.

—– - On reste 5 minutes et après on vous laisse les amoureux, entendis-je ma famille me dire silencieusement.

Je fis alors un regard exaspéré à Bella, qui n’avait rien remarquée. Je commençais à jouer une mélodie. Je jouais le morceau préféré d’Esmée, gardant sa berceuse pour après. Je jetais un regard en coin à Bella pour voir sa réaction. Elle en béait d’ahurissement. Je lui lançais alors un clin d’œil. Elle était réellement surprise, et j’en étais fier.

—– - Tu aimes ?
—– - C’est toi qui l’as écrite ? S’exclama-t-elle encore sous le cou de la surprise.
—– - Oui, c’est le préféré d’Esmée.

Elle ferma les yeux, interdite, et secoua la tête.

—– - Qu’y a-t-il ?
—– - A côté de toi, j’ai l’impression d’être totalement insignifiante.

J’allais lui prouver le contraire en jouant sa berceuse. Je ralentis, et transforma la mélodie en accord plus doux. Jouer sa berceuse avec elle à mes côté me remplit d’un bonheur sans nom. C’était tout simplement magique. Mes doigts volaient au dessus du clavier, emportés dans un tourbillon de notes. Le plaisir était grandiose.

—– - c’est toi qui a inspiré celui-ci, lui chuchotais-je. Mes doigts parcourant le clavier, ma muse à mes côtés, je ne pouvais rêver mieux.
—– - Ils t’aiment bien, tu sais, lui dis-je lorsque ma famille fut partit. Esmée, surtout.

Elle se retourna, n’ayant pas remarqué leur absence.

—– - Pourquoi sont-ils partis ?
—– - Un moyen très discret de nous donner un peu d’intimité, je suppose.
—– - Eux, peut-être, soupira-t-elle. Reste Rosalie et Emmett…

Elle n’avait pas oubliée leur absence… j’en étais déçu d’ailleurs, mais c’était peut-être mieux ainsi. Je ne tenais pas à me disputer avec Rose devant Bella.

—– - Ne t’occupe pas de Rosalie, elle s’y fera.
—– - Et Emmett ? Persista-t-elle.
—– - Oh, il pense que je suis fou, mais tu ne lui pose aucun problème. Et il essaie de raisonner Rosalie.
—– - Qu’est ce qui l’ennuie tant que ça ?
—– -Rosalie est celle qui a le plus de difficulté à… vivre notre condition, soupirai-je. Elle a du mal à accepter qu’un étranger sache la vérité. Et puis, elle est un peu jalouse.
—– - De moi ? dit-elle sans comprendre.
—– - Tu es humaine, lui expliquai-je. Elle regrette que ce ne soit pas également son cas.
—– - Oh… Et Jasper ? Lui aussi, il…
—– - C’est ma faute. Je t’avais expliquée qu’il était le plus récent d’entre nous. Je l’ai averti de garder ses distances, dans son propre intérêt.
—– - Esmée et Carlisle ? poursuivit-elle.
—– - Ils s’en réjouissent pour moi. D’ailleurs, Esmée se moquerait comme d’une guigne que tu aies un troisième œil ou les pieds palmés. Elle s’est tellement inquiétée, craignant qu’un élément essentiel ait manqué au moment de ma transformation par Carlisle… Elle nage en plein bonheur. Chaque fois que je te touche, elle s’étrangle de joie.
—– - Alice m’a semblée très enthousiaste.
—– - Elle a une façon bien à elle d’envisager les choses, répondis-je tout bas en me remémorant ses visions.
Nous n’avions pas besoin de parler pour nous comprendre, c’est ce qui était merveilleux avec elle. Elle avait sentit que j’y cachais quelque chose, mais elle ne le posa aucune question dessus, sachant que je n’étais pas prêt à lui en parler.



Mdnight sun : Chapitre 16 (Révélation)

Révélation

 Révélation

Première partie

Mes années d’expérience, et mon talent particulier, faisaient que j’étais passé maître dans l’art du mensonge et de la dissimulation. Mais pour une raison que j’ignore, Bella était une des rares personnes à pouvoir déceler mes mensonges. Cette fille était vraiment hors du commun, non seulement je ne pouvais pas lire en elle, mais elle pouvait détecter quand je dissimulais la vérité. Cette situation était vraiment déstabilisante pour quelqu’un qui a l’habitude de connaître les moindres pensées de chacun.

J’avais conscience d’en avoir trop dit. Et en cet instant, elle se doutait à juste titre que je lui cacher quelque chose. En effet, comment quelqu’un qui était censé n’avoir jamais mis les pieds chez elle, pouvait connaître la cachette de la clé ?

Après l’après-midi que nous venions de passé, je ne pensais pas prendre beaucoup de risque en lui avouant que ce n’était pas la première fois que je pénétrais chez elle. Elle serait en colère, du moins en apparence, mais elle ne le restera pas plus de quelques minutes.

Ses yeux magnifiques yeux brillant attendaient une explication. Je savais exactement les mots que j’allais prononcer pour qu’elle devine d’elle-même.

—– - J’avais envie d’en apprendre plus sur toi.
—– - Tu m’as espionnée ? S’empressa-t-elle de conclure.

Comme je l’avais prédit, sa colère n’était qu’une façade. Elle allait me pardonner rapidement.

—– - A quoi occuper mes nuits, sinon ?

Pour toute réponse, elle m’ignora et se dirigea dans la cuisine. Je l’y devançais, et m’installais sur une chaise pour mieux l’observer. Elle se concentra plus que nécessaire sur la préparation de son diner. Elle voulait surement me cacher sa nervosité. Son énervement était adorable, on aurait dit un petit chaton outré. Elle mettait un point d’honneur à ne pas me regarder. Le masque qu’elle c’était fixé n’aurais pas tenu une seconde si nos regards s’étaient croisés, se qui m’amusa.

Peut-être étais-je trop sûre de moi ? Pourtant, ce que j’avais appris cet après-midi même pouvait me laisser penser que j’avais raison d’agir ainsi. Je savais qu’elle ne pouvait pas rester très longtemps en colère contre moi. Ma seule présence suffisait à lui faire tourner la tête. Et la voir s’énerver pour rien était à cet instant vraiment distrayant pour moi.

—– - C’est arrivé souvent ? demanda-t-elle fixant l’assiette dans le micro-onde, et me sortant de mes réflexions.
—– - Pardon ?
—– - Combien de fois es-tu venu ici ? demanda-t-elle refusant toujours de me regarder.
—– - Je te rends visite presque toutes les nuits, avouai-je. Et je constatais au même moment, qu’il était plus facile d’avouer ce genre de chose quand la personne concerné nous tourne le dos.
—– - Pourquoi ? S’exclama-t-elle en virevoltant avec grâce.
—– - Tu es très intéressante quand tu dors. Tu parles.
—– - Nom d’un chien !

Cette fois elle était gênée pour de bon. Je regrettais aussitôt d’en avoir trop dit. Elle s’agrippa au comptoir sous le choc, et piqua un fard, rendant ses joues irrésistibles. Je voulais tout de même m’assurer qu’elle ne m’en voulait pas trop.

—– - Tu es très en colère ? Demandais-je, ennuyé que ça puisse être le cas.
—– - Ça dépend !
—– - De quoi ?
—– - De ce que tu as entendu, tiens !

Ainsi, elle ne m’en voulait pas parce que j’avais pénétrer chaque nuit dans sa chambre sans autorisation, mais parce qu’elle avait peur que je puisse connaître ses vrais sentiments à mon égard. Et peut être aussi par peur du ridicule. Elle savait qu’elle parlait dans son sommeil, mais savoir que j’étais témoin de cette particularité la mettais mal à l’aise. Mon premier geste fut alors de la réconforter, et je fus à ses côtés immédiatement. Je pris ses mains dans les miennes avec douceur. Ses petites mains chaudes dans le creux des miennes froides et puissantes me firent prendre conscience de la délicatesse de la situation.

—– - Ne t’en fais pas, susurrai-je en plongeant mes yeux dans les siens. Elle détourna son regard, embarrassée. Craignait-elle que je pénètre son intimité une fois de plus ? Je devais donc lui dire ce que j’avais appris durant toutes ses nuits pour qu’elle puisse me faire confiance à nouveau. Ta mère te manque, tu t’inquiètes à son sujet. Et le bruit de la pluie t’énerve. Au début, tu parlais souvent de chez toi, là-bas, c’est moins le cas, à présent. Une fois, tu as dit : « C’est trop vert ! ».
—– - Quoi d’autre ? Insista-t-elle.
—– - Tu as prononcé mon prénom, admis-je. Je savais depuis le début que c’était cette réponse qu’elle appréhendait. Pourtant, il n’y avait aucune raison d’en avoir honte, ou d’être gênée. Mon plus grand regret était justement de ne pas pouvoir rêver d’elle.
—– - Beaucoup ? Soupira-t-elle.
—– - C’est combien pour toi, beaucoup ?
—– - Oh, non !

Elle baissa la tête. Je l’attirais alors tendrement vers moi, pour qu’elle se sente à l’aise. Je voulais la rassurer. Je voulais qu’elle comprenne qu’elle ne devrait jamais être gênée de me faire partager ses pensées. Je lui voulais lui dire une fois de plus tout ce que je ressentais pour elle, et toutes les raisons qui faisait qu’elle ne devait pas avoir honte de ses rêves, mais j’entendais déjà la voiture de Charlie approché. Je fis donc plus court que ce que j’aurais souhaité.

—– - Ne sois pas gênée, lui soufflais-je à l’oreille. Si je savais rêver, je ne rêverais que de toi. Et je n’en aurais pas honte.

Charlie était dans l’allée, les phares de sa voiture baignaient les fenêtres de lumières. Dès que Bella en eu conscience, elle se raidit. Je compris alors qu’elle n’était pas encore prête à me présenter à son père.

—– - Est-il nécessaire que ton père sache que je suis là ?
—– - Je n’en suis pas certaine…
—– - Une autre fois alors…

Je me faufilais alors à une vitesse vampirique dans l’escalier. Elle n’eut même pas le temps de me voir avec ses faibles yeux d’humaine.

—– - Edward ! Chuchota-t-elle.

Je perçu dans sa voix une tristesse. Pensait-elle vraiment que je partirais si vite ? Je ne pus retenir un rire, avant de m’installer dans sa chambre.

Charlie venait d’entrer.

—– - Bella ?
—– - Je suis ici.

C’était une occasion unique pour moi de partir à la découverte de sa chambre sans risquer de la réveiller, ou d’être attiré comme un aimant par sa délicieuse odeur. J’étais cependant partager entre ma curiosité d’explorer sa chambre et mon désir d’écouter la conversation qu’elle avait avec son père. Mais ce que je venais de déceler dans l’esprit de son père me décida.

—– - Tu es pressée ?
—– - Oui, je suis fatiguée. J’ai l’intention de me coucher tôt.
—– - Tu as l’air tendue.
—– - Vraiment ?

Son comportement inhabituel avait en effet mis la puce à l’oreille de son père. Il était cependant loin du compte. Bella n’avait aucunement l’intention de faire le mur le soir, elle était simplement désireuse de me retrouver dans sa chambre.

—– - On est samedi soir, commença Charlie. Pas de plan pour la soirée ? Insista-t-il.
—– - Non, papa. J’ai juste envie de dormir.

Elle était vraiment une mauvaise menteuse. Je retiens alors un rire.

—– - Les garçon du coin ne sont pas ton genre, hein ?
—– - Je n’en ai pas encore repéré un seul.
—– - Et ce Mike Newton ? Tu disais qu’il était sympa.

Dès que j’entendis le nom de Mike associé au sous entendus de son père, je ne pus m’empêcher de voir rouge. Je me calmais cependant rapidement en entendant la réponse de Bella.

—– - Ce n’est qu’un ami, papa. Dit-elle comme une évidence.
—– - De toute façon, tu vaux mieux qu’eux tous réunis. Tu auras tout le temps d’en chercher un à la fac.

J’étais d’accord avec Charlie sur le premier point. Elle valait mieux que tous les garçons de Forks réunis, moi y compris. Et pour ce qui était de l’autre point, je comprenais parfaitement le point de vue de Charlie. Pour un père qui élève seul sa fille, les premiers amours de celle-ci sont souvent durs à gérer. Charlie étant quelqu’un de peu expressif, il redoutait par-dessus tout, le jour où il faudrait consoler sa fille à cause d’un chagrin d’amour. Ou pire encore, si jamais elle avait la mauvaise idée de lui demander des conseils en amour.

—– - C’est ça, lança-t-elle en se dirigeant vers l’escalier.
—– - Bonne nuit, chérie.
—– - A demain.

Je l’entendis montée l’escalier d’un pas anormalement lourd. Pour qui était destinée cette mascarade ? Je me mis alors dans un coin sombre de sa chambre. Je la vis ensuite se précipité vers la fenêtre. Elle l’ouvrit en grand et scruta la pénombre.

—– - Edward ? Chuchota-t-elle.

Elle me cherchait alors qu’elle était passée a seulement quelques centimètre de moi. Elle n’avait pas sentis ma présence. Je m’allongeais alors confortablement sur son lit en étouffant un rire. Elle se retourna d’un bond en portant un poing à bouche pour étouffer un cri de terreur.

Deuxième partie

Son cœur battait à une vitesse alarmante, même pour elle qui était habituée à avoir des frayeurs. Mais en y repensant, la plupart de ses frayeurs étaient causées par ma faute… j’eus alors un demi-remord, qui me passa aussi vite qu’elle se laissait tomber par terre pour reprendre ses esprits.

—– - Désolé, m’excusai-je en cachant mon amusement.
—– - Donne moi une minute, le temps que mon cœur reparte.

J’eus alors pitié d’elle et de son cœur. Je ne voulais pas qu’elle me fasse une attaque maintenant. L’égoïste que j’étais avait trop besoin de sa présence pour prendre un tel risque. Je m’assis alors le plus lentement possible, puis me penchai, et doucement je la soulevai pour l’installer près de moi.

—– - Là, murmurai-je en posant ma main sur la sienne. Comment va ton cœur ?

Je lui demandais par politesse, mais je connaissais la réponse, et celle-ci m’amusait beaucoup. Nous attendîmes en silence que ce dernier s’apaise. Lorsque qu’il eut enfin retrouvé un rythme normal, je pensais pouvoir profiter d’elle quelques instants, mais elle me détrompa.

—– - M’accorderais-tu quelques instants d’humanité ?
—– - Mais certainement.
—– - N’en profite pas pour filer !
—– - A vos ordres, Madame.

Entendre la crainte de mon départ dans sa voix était vraiment une sensation extraordinaire. Elle ne voulait pas que je parte. Elle voulait que je reste avec elle, et c’est exactement ce que j’avais l’intention de faire. Et pour lui prouver ma bonne volonté, je me fis statue.

Elle s’empressa de se mettre debout, de prendre son pyjama et sa trousse de toilette, se dirigea dans la salle de bain où elle s’enferma. Mais une porte fermée n’était pas suffisant pour s’isoler avec mon ouïe. Ainsi, je pus l’entendre se laver les dents, d’un geste rapide qui me fit sourire. Elle se dépêchait pour me rejoindre. Elle prit sa douche, plus lentement que je l’aurais crue, puis se sécha avec plus d’empressement que nécessaire. Je l’entendis enfiler son pyjama, le frottement du tissu sur sa peau était un doux murmure pour mon oreille. J’entendis ensuite la brosse démêler ses magnifiques cheveux, je pouvais sentir d’ici leur parfum unique, masqué sous l’odeur de fraise du shampoing. Elle rangea toutes ses affaires de toilette, je m’attendais à la voir débouler la chambre et me sauter au cou… mais au lieu de sa, elle descendit au rez-de-chaussée d’un pas précipité. Que faisait-elle ?

—– - Bonne nuit, papa, dit-elle innocemment.
—– - Bonne nuit, Bella, répondit Charlie suspicieux. Pourquoi vient-elle me dire bonne nuit ainsi ? À cette heure surtout, d’habitude elle traine toujours un peu avant d’aller ce coucher.

Je ne pus en saisir d’avantage, ses pensées étaient trop floues. J’entendais les pas de Bella qui remontait en vitesse les marches, et apparus dans la chambre à mon plus grand bonheur. A sa vue je souris de plaisir. Elle portait en guise de pyjama un T-shirt et un pantalon de survêtement gris. Ces vêtements amples étaient exactement ce qui me fallait, ainsi, je ne voyais pas trop sa chair exquise. Ses cheveux en désordre et humide lui donnait l’allure d’une nageuse. Difficile de résister à son charme.

—– - Très jolie, commentai-je.

Pour toute réponse, elle m’adressa une grimace. Elle ne me croyait pas. Une fois de plus, elle sous-estimait l’effet qu’elle produisait en moi.

—– - Non, vraiment, ça te va très bien, insistai-je.
—– - Merci, finit-elle par admettre. Elle vient ensuite s’asseoir près de moi en tailleur.
—– - Pourquoi ce manège ? Lui demandai-je, voyant qu’elle ne semblait pas sur le point de me l’expliquer d’elle-même.
—– - Je soupçonne Charlie de croire que je vais m’éclipser en douce.
—– - Oh. Pourquoi ? Je ne me rappelais pas avoir entendu de telles pensées dans l’esprit de Charlie.
—– - Apparemment, il m’a trouvée un peu surexcitée.
—– - En fait, tu es toute rose, lui dis-je en lui prenant le menton dans ma paume.

Ses joues roses étaient un appel pour le vampire que j’étais. Mais ce n’était pas l’appel du sang qui me dominait, c’était plutôt un désir encore inconnu pour moi, un désir qui était plus proche de l’humain que du vampire… comment était-ce possible ? Je m’approchais alors de son visage, et collai ma joue glacée contre la sienne, agréablement chaude. Je la sentie se raidir. Elle voulait être parfaitement immobile pour me faciliter la tâche… elle était vraiment adorable.

—– - Mmm, soupirai-je d’aise. Et son cœur s’accéléra doucement.
—– - Ça semble… beaucoup plus facile pour toi, maintenant, d’être en ma compagnie.
—– - C’est l’impression que je te donne ? Murmurai-je en glissant mon nez le long de sa mâchoire, histoire de la déstabiliser un peu plus.

Malheureusement, ses certitudes n’étaient qu’une impression, certes je m’habituais à son odeur, ce qui me permettait de mieux y résister, mais la brulure lancinante de ma gorge n’était pas moins intense pour autant. Seule ma concentration me permettait en quelque sorte de passer outre la douleur. Son parfum floral m’aurait fait frémir de plaisir si je ne contrôlais pas le moindre de mes soupires.

—– - Beaucoup, beaucoup plus facile, précisa-t-elle haletante.
—– - Mmm… Son souffle court éveilla de drôle de sensation dans le creux de mon estomac… des sensations oubliées… mais loin d’être désagréables… elle me faisait renaitre.
—– - Je me demandais… elle s’interrompit lorsque mes doigts glissèrent le long de sa clavicule, douce et fragile.
—– - Oui, dis-je dans un souffle pour l’encourager à poursuivre.
—– - Comment… ça se fait… à ton avis ?

Je ris dans son cou face à son incompréhension, il était normal qu’elle se pose la question… moi-même je me la posais… et la seule réponse possible était ma détermination à la garder en vie.

—– - On appelle ça la victoire de la raison sur la chair.

Soudain, elle recula et par instinct, je me figeais. Nous nous contemplâmes prudemment un moment, puis je me détendis, apparemment, il n’y avait aucun danger, aucune tension. Pourquoi avait-elle réagit ainsi ?

—– - Aurais-je mal agi ?
—– - Non… au contraire. Tu me rends folle.

Ainsi, je la rendais folle, voila qui était intéressant. Elle venait sans doute de saisir le sens de mon aveu. Si je peux contrôler mes instincts et mes pulsions à son contacte, nous pouvons donc nous voir plus souvent sans que le danger soit trop important. J’étais désormais sûr que je saurais partir avant de lui faire du mal. Partir temporairement bien entendu.

—– - Vraiment ? Lui répondis-je finalement d’un air enjoué, accompagné d’un sourire triomphant.
—– - Tu veux que je t’applaudisse ? Persifla-t-elle.
—– - Je suis agréablement surpris, c’est tout, me justifiai-je. En cent et quelques années, je n’aurais jamais imaginé quelque chose comme ça… rencontrer une personne avec laquelle j’aurais envie de me comporter… différemment d’avec mes frères et sœurs. Et découvrir, même si tout cela est encore nouveau pour moi, que je ne suis pas si nul… avec toi…
—– - Tu excelle dans tous les domaines.

Son cœur ne démentait pas ses dires, je l’admis donc d’un haussement d’épaule, et nous rîmes sans bruit.

—– - Comment ça peut être déjà si aisé ? Persista-t-elle. Cet après-midi…
—– - Ça ne l’est pas. C’est juste que, tout à l’heure, j’étais…indécis. Désolé, je suis impardonnable de m’être comporter ainsi.
—– - Pardonné.
—– - Merci. Vois-tu, je n’étais pas sûr d’être assez fort. Et tant que subsistait la possibilité que je sois… dépassé, je suis resté… sur mes gardes. Jusqu’à ce que j’aie décidé que j’en étais capable, qu’il était impossible que… que jamais je ne…

Je ne pus finir ma phrase tellement les mots étaient dur à prononcer. Elle le comprit.

—– - Donc, il n’y a plus de risque ?
—– - La victoire de la raison sur la chair, répétai-je fièrement, en souriant de manière à ce que mes dents brillent dans le noir.
—– - Dis donc, c’était drôlement facile.

Je rejetai la tête en arrière et m’esclaffai en silence pour ne pas alarmer son père, mais ce fus de justesse. C’était vraiment loin d’être facile. Elle se fiait beaucoup trop aux apparences me concernant. Elle devrait être plus méfiante.

—– - Parle pour toi ! Rectifiai-je en effleurant son nez du bout de mes doigts. Je venais de remarquer que je ne pouvais plus prononcer une parole sans la toucher. Je repris alors mon sérieux. Je fais des efforts, continuai-je. Si ça devait devenir… trop dur, je suis presque sûr que j’arriverais à partir.

Elle fronça les sourcils, apparemment contrariée par cette possibilité. C’est bien ce que je craignais… elle était beaucoup trop confiante. Je voulais essayer de lui ouvrir les yeux, en vain.

—– - Et demain ne sera pas aussi aisé, continuai-je tant bien que mal. J’ai respiré ton odeur toute la journée, et j’y suis devenu moins sensible. Que je m’éloigne de toi pendant un moment et je devrais recommencer. Mais pas à zéro, me semble-t-il.
—– - Alors ne t’éloigne pas, répondit-elle simplement. Je m’en voulais de ressentir autant de plaisir à ces paroles. Je lui répondis alors sur le ton de la plaisanterie pour lui cacher mes véritables sentiments.
—– - D’accord ! Qu’on amène les fers, je serais ton prisonnier. Mais là encore, l’idée ne m’aurait pas déplu.

Je pris ses poignets dans mes mains fermement, en réalité, c’était elle qui était prisonnière de moi, de mon charme surnaturel. Et je ris une fois de plus devant son étonnement. Je n’avais sûrement jamais tant ris en une journée depuis que j’étais devenu vampire. Je n’avais même jamais tant ris !

Troisième partie

—– - Tu as l’air plus… optimiste que d’habitude.
—– - N’est-il pas censé en être ainsi ? Le bonheur des premières amours et tout le toutim. Incroyable, n’est-ce pas, cette différence entre lire quelque chose, le voir en peinture et l’expérimenter ?
—– - Très. Le vivre est plus puissant que je ne l’aurais imaginé.
—– - La jalousie, par exemple. J’ai lu des dizaines de milliers de page là-dessus, j’ai vu des acteurs la jouer dans des milliers de pièces et de films. Je croyais l’avoir plutôt bien comprise. Pourtant, elle m’a déstabilisé. Te souviens-tu du jour où Mike t’a invité au bal ?

Ce souvenir me fit grimacer. Vraiment je ne supportais pas ce gars. La façon qu’il avait de regarder Bella, de penser à elle me dégoutait. L’idée même qu’ils pourraient passer du temps ensemble me répugnait. J’étais certes très égoïste, mais je ne contrôlais pas cette partie de moi. Pourtant, il fallait que je me fasse une raison, un jour ou l’autre, Bella aimera un garçon comme Mike Newton, et elle se mariera avec lui. Tout ce que je ne peux lui offrir me torture… mais c’est le prix à payer pour vivre l’éternité.
Mes pensées allaient très vite, je parlais également très vite, mais cela ne sembla pas la déranger. Son regard était captivé par mon flot de parole, et j’en étais flatté… ou peut-être n’était-ce que de la concentration pour me suivre…

—– - Celui où tu as recommencé à m’adresser la parole.

Bien sur qu’elle se souvenait de ce jour… son addiction à moi était déjà malheureusement bien ancré en elle. Une part de moi était au paradis à cette pensée.

—– - J’ai été déconcerté par l’élan de colère, de furie presque, que j’ai ressenti et, d’abord, je ne l’ai pas identifié pour ce que c’était. J’ai été encore plus exaspéré que d’ordinaire de ne pas savoir ce que tu pensais ni pourquoi tu l’éconduisais. Etait-ce pour préserver ton amitié avec Jessica ? Ou parce qu’il y avait quelqu’un d’autre ? Je savais que, dans un cas comme dans l’autre, je n’avais aucun droit de m’en inquiéter, et j’ai vraiment essayé de rester indifférent. Puis il y a eu l’embouteillage.

Elle profita de l’obscurité pour me lancer un regard noir à l’évocation de se mauvais souvenir. Cet incident aurai certes pu nous séparer à jamais, et montrer ma vraie nature à tous les humains en mettant en même temps ma famille en danger, mais il m’a également permis de prendre conscience que Bella était quelqu’un de particulier pour moi.

—– - J’ai attendu, anxieux plus que de raison, d’entendre ce que tu allais leur dire, de voir tes réactions. J’admets que j’ai été très soulagé en constatant ton agacement. Pourtant, ça ne suffisait pas. Alors, cette nuit-là, pour la première fois, je suis venu ici. Pendant que tu dormais, je me suis débattu pour résoudre le conflit entre ce que je savais être bien, moral, et ce que je voulais. J’avais conscience que si je continuais à t’ignorer ou que si je m’en allais pour quelques années, jusqu’à ce que tu sois partie, tu finirais par dire oui à Mike ou à un type comme lui. Ça rendait malade et c’est là que, dans ton sommeil, tu as prononcé mon nom. Si clairement d’abord que j’ai cru t’avoir réveillée. Mais tu t’es retournée dans ton lit, l’as marmonné une deuxième fois, puis tu as soupiré. Dans un premier temps, j’en ai été ébranlé, ahuri. Puis j’ai compris que je ne pouvais te fuir plus longtemps.

Quatrième partie

Je m’interrompis un instant, pour lui laisser le temps d’assimiler ce que je venais de lui dire. Cette confession était douloureuse pour moi, mais elle était nécessaire pour nous deux. Elle me faisait part de ces pensées, il était juste qu’à mon tour je fasse de même. Cependant, ce mettre à nu ainsi devant celle que l’on aime n’est pas facile, et je sentais une angoisse irrationnelle s’emparer de moi. J’écoutais alors les battements de son cœur, comme si ma vie en dépendait. Je me concentrais dessus avec une telle force, que les battements irrégulier me perçaient presque les tympans. Puis, mes peurs s’envolèrent et je continuais mon récit.

—– - La jalousie, est une chose étrange. Bien plus puissante que je ne le pensais. Et tellement irrationnelle ! Tiens, à l’instant, quand Charlie t’a questionnée sur l’exécrable Mike Newton…

Prononcer son nom suffisait à me dégouter…

—– - J’aurais du me douter que tu nous espionnerais, grogna-t-elle.
—– - Comment voulais-tu qu’il en aille autrement !
—– - Pourtant ça te rend jaloux.
—– - C’est si nouveau. Tu es en train de réveiller l’humain qui est en moi, et tout paraît plus violent parce que neuf.
—– - Franchement, se moqua-t-elle, que devrais-je dire, moi, après avoir entendu que Rosalie, la beauté incarnée, t’était destinée ? Emmett ou pas, comment suis-je censée rivaliser avec elle ?
—– - Il n’y a pas de rivalité qui tienne.

Pourquoi était-elle toujours entrain de se sous-estimer ? Je la pris dans mes bras, pour qu’elle comprenne qu’a mes yeux, elle était la plus belle personne au monde. Elle était tout ce que je désirais. Et aucune Rosalie, aussi belle soit-elle, ne pouvait rivaliser avec le charme de ma Bella.

—– - Je sais, c’est bien ça le problème, marmonna-t-elle.
—– - Rosalie est belle, certes, mais même si elle n’était pas ma sœur ou la compagne d’Emmett, elle n’atteindrait jamais le dixième, non le centième de l’attirance que tu exerce sur moi. Pendant presque un siècle, j’ai fréquenté mon espèce et la tienne en croyant que je me suffisais à moi-même, sans me rendre compte de ce que je cherchais. Et sans rien trouver, parce que tu n’étais pas encore née.
—– - Ça paraît tellement injuste. Moi, je n’ai pas eu à attendre. Pourquoi est-ce si simple, pour moi ?
—– - Ce n’est pas faux, plaisantai-je, il faudrait vraiment que je te complique un peu les choses.

Je pris ses deux petites mains chaudes dans ma main glacée et je lui caressai les cheveux de mon autre main, ils étaient doux et soyeux. Je ne me lassais pas de leur texture, de leur parfum. Elle était tellement hypnotisée par moi qu’elle ne se rendait pas compte du danger permanent que j’étais pour elle. A cet instant, j’aurais pu lui briser la nuque sans effort. Elle pensait que les choses étaient simples et naturelles pour elle. Mais c’était tout le contraire.

—– - Tu n’as qu’a risquer ta vie à chaque seconde passée avec moi, lui fis-je remarquer, ce n’est pas grand-chose, n’est-ce pas ? Tu as juste à tourner le dos à ta nature, à ton humanité… c’est si peu payer, bien sûr.
—– - Très peu. Je ne me sens privée de rien.
—– - Pas encore.

Elle ne se sentait privée de rien, car elle n’était pas privée de son humanité. Contrairement à la vision d’Alice qui prédisait qu’elle serait un jour un vampire. Cette éventualité m’aurait donné les larmes aux yeux si seulement cela était possible. Et pour couronner le tout, je n’avais même pas été capable de dissimuler la tristesse dans ma voix, et Bella essayait de voir mon visage. Je préférais cependant la serrer contre moi plutôt qu’elle remarque mon désarroi.

—– - Que…, tenta-t-elle.

—– - Le comportement de Bella était étrange… je me demande…essaye-t-elle de me cacher quelque chose ?…

Je venais de percevoir quelques bribes des pensées de Charlie. Je l’entendais bouger dans le salon. Ses pas se dirigeaient vers l’escalier, mais ils étaient trop rapide pour laissé penser qu’il allait se coucher. Et d’après ce que je venais de comprendre, il avait l’intention de venir voir si Bella dormait réellement ou si elle avait fait le mur. Je relâchais alors Bella précipitamment, et je m’éclipsais sans bruit par la fenêtre que Bella avait laissé ouverte, en restant accroché au volet. Bella n’avait pas compris ce qu’il venait de ce passer dans ma tête.

—– - Couche-toi, lui sifflai-je.

Comprenant enfin, elle m’obéit sans mot dire, et se précipita sous la couette, et fis mine de dormir en se tournant sur le flanc. Charlie passa la tête par la porte pour s’assurer qu’elle était bien là. Bella essayait d’avoir une respiration calme et posée… en vain, sa respiration était beaucoup trop rapide pour faire croire qu’elle était un train de dormir paisiblement. Heureusement pour elle, son père n’avait pas une ouïe aussi développée que la mienne.

—– - Elle disait la vérité… pourtant elle ne semblait pas si fatiguée tout à l’heure… je me suis trompé…

Les pensées de Charlie étaient vraiment dures à décrypter. Mais heureusement, pas aussi dures que celles de sa fille. Dès qu’il eu refermé la porte, je sortie de ma cachette pour enlacer Bella qui n’avait pas osé bouger une oreille. Décidément, sa respiration était beaucoup trop contrôlée pour paraitre naturelle. Je lui fis une baisé sur l’oreille pour qu’elle se retourne.

—– - Tu es une très mauvaise actrice, raillai-je. Autant te prévenir, cette carrière n’est pas pour toi.
—– - Quel dommage !

Les battements de son cœur s’étaient accélérés, ce qui signifiait une montée d’adrénaline. Et même si j’aurais préféré passer la nuit à discuter avec elle, il était nécessaire qu’elle dorme pour être en forme demain. Je me mis alors à fredonner sa berceuse…

—– - Veux-tu que je chante pendant que tu t’endors ?
—– - Ben voyons ! Comme si j’allais réussir à dormir pendant que tu es ici !
—– - Ce serait loin d’être une première.
—– - Je ne savais pas !
—– - Puisque tu ne veux pas dormir…

Après tout, je n’y tenais pas plus que ça. Ça me permettait justement de passer encore plus de temps avec elle éveillée. J’avais laissé ma phrase en suspend, et elle avait cessé de respirer. Elle était incorrigible ! Elle ne ménageait vraiment pas son cœur, avec toutes les émotions qu’elle lui infligeait… certes, j’étais responsable de la plupart, mais je ne me sentais pas coupable pour autant.

—– - Oui ? demanda-t-elle impatiente et nerveuse.
—– - Que veux-tu faire ?
—– - Je n’en sais rien. Répondit-elle, prise de court.
—– - Tiens-moi au courant quand tu auras décidé.

Moi, par contre, je savais très bien ce dont j’avais envie. Je respirais avidement son parfum, je fis glisser mon nez le long de son cou, puis me dirigeais le long de son menton… la brulure qui me tiraillait la gorge était maintenant lointaine. Je n’étais plus le même vampire que celui qui était partit ce matin en randonnée avec elle. Elle m’avait transformé.

—– - Je croyais que tu étais insensibilisé ?
—– - Ce n’est pas parce que je résiste au vin que je n’ai pas le droit d’en humer le bouquet. Tu as une odeur très florale, un mélange de lavande et de… freesia. Très appétissant.
—– - C’est ça. On me le dit tous les jours !

Je ris face à son indifférence. Elle était une bouffée de fraicheur pour ma triste vie. Je ne pourrais plus jamais me passer d’elle !

—– - J’ai décidé, reprit-elle. Je veux en savoir plus sur toi.
—– - Je t’en prie, pose-moi une question.

Sa curiosité me gênait beaucoup à présent. Elle réfléchit un moment. Comme si son choix était décisif, et qu’elle n’avait droit qu’à une seule question. Son front se plissa légèrement, faisant apparaître cette petite ride entre ses sourcils qui me fascinaient.

—– - Pourquoi avez-vous choisis ce mode de vie ? Que vous fournissiez autant d’effort pour combattre votre nature me dépasse. Attention, ça ne signifie pas que j’en suis mécontente, au contraire. Simplement, je ne vois pas pourquoi vous vous embêtez.

Cette question était surprenante, surtout venant d’une humaine. Mais Bella était une surprise perpétuelle. Je pris tout de même le temps de la réflexion pour y répondre. Je ne voulais pas être un monstre comme autrefois.

—– - C’est une bonne question, et tu n’es pas la première à me la poser. Ceux de notre espèce qui sont satisfaits de leur sort s’interrogent aussi. Mais ce n’est pas parce que nous avons été… façonnés selon un certain modèle que nous n’avons pas le droit de désirer nous élever, dépasser les frontières d’un destin qu’aucun de nous n’a voulu, essayer de retenir un maximum de notre humanité perdue.

Bella resta parfaitement immobile, elle ne répondit pas, et les battements de son cœur s’étaient apaisés.

—– - Tu dors ? Chuchotai-je au bout de quelques minutes.
—– -Non.
—– - C’est tout ce que tu voulais savoir ?
—– - Rêve !
—– - Quoi d’autre, alors ?
—– - Pourquoi peux-tu lire les pensées des autres, toi seulement ? Et Alice prévoir le futur ?
—– - Nous l’ignorons. Carlisle a une hypothèse… il croit que tous nous apportons nos caractéristiques humaines les plus fortes dans notre seconde vie, où elles s’amplifient, à l’instar de notre esprit et de nos sens. D’après lui, je dois avoir été très sensible aux gens qui m’entouraient. Et Alice aurait eu un don de prémonition.
—– - Qu’a-t-il apporté, lui ? Et les autres ?
—– - Carlisle, sa compassion. Esmée, son aptitude à aimer passionnément, Emmett, sa force, Rosalie, sa… ténacité. A moins que tu appelles ça de l’obstination, précisai-je en riant. Jasper est très intéressant. Il était plutôt charismatique, dans sa première vie, capable d’influencer ses proches pour qu’ils voient les choses à sa façon. Aujourd’hui, il arrive à manipuler les émotions des gens alentour. Il calme une pièce de gens en colère par exemple ou, a l’inverse, stimule une foule léthargique. C’est un don très subtil.

Je lui laissais le temps nécessaire pour qu’elle puisse assimiler tranquillement cette information sans qu’elle ne l’effraie. Elle avait l’air de plutôt bien prendre les choses. D’ailleurs, elle ne tarda pas à me poser une autre question.

—– -Où tout a commencé ? Carlisle t’a transformé, mais quelqu’un doit s’être occupé de lui avant ça, et ainsi de suite.
—– - Et toi, d’où viens-tu ? Evolution ? Création ? Serait-il impossible que nous ayons évolué comme les autres espèces, prédateurs et proies ? Ou si tu doutes que ce monde a surgi de lui-même, ce qu’il m’est difficile d’accepter moi aussi, est-il si dur de croire que la même force qui a créé le délicat ange de mer et le requin, le bébé phoque et la baleine tueuse ait créé nos deux espèces en parallèle ?
—– - Soyons clairs : je suis le bébé phoque, c’est ça ?
—– - Oui !

Dernière partie

Je ne pus m’empêcher de rire encore une fois. Cet instant était magique, nous étions tous les deux heureux, elle d’être dans mes bras, et moi d’être près d’elle sans lutter pour ne pas la tuer. Je lui déposais alors un furtif baiser dans les cheveux, certain qu’elle ne le sentirait pas.

—– - Tu es prête à dormir ou tu as d’autres questions ?
—– - Juste un ou deux millions.
—– - Nous avons demain, après demain et tous les jours qui suivront…
—– - Es tu certain que tu ne seras pas évanoui au matin ? Tu es un être mythique après tout.
—– - Je ne te quitterai pas.

Non, je ne la quitterai pas, pour la simple et bonne raison que j’en étais complètement incapable.

—– - Juste une dernière, alors…

Cependant, elle ne termina pas sa demande, et sa peau s’enflamma. Elle rougissait…

—– - Quoi ? L’encourageai-je
—– - Oublie. J’ai changé d’avis.
—– - Bella, tu peux demander ce que tu veux.

Elle ne répondit pas, et son silence commençait vraiment à m’agacer. Ne pas pouvoir lire en elle était un supplice.

—– - Je ne cesse d’espérer que de ne pas lire tes pensées finira par être moins frustrant, gémis-je, mais c’est de pis en pis.
—– - Je suis bien contente que tu n’y arrives pas. C’est déjà assez pénible que tu m’espionnes quand je divague en dormant.
—– - S’il te plaît… la suppliai-je en étant le plus persuasif possible.

Elle refusa de me faire partager ses pensées. Que me cachait-elle. Qu’est ce qui pourrait être si embarrassant qu’elle ne pourrait me dire. Je ne voulais pas qu’elle ait honte de ses idées, ou qu’elle s’en sente gênée. Je voulais qu’elle me fasse confiance en me faisant partager justement ce genre de chose. Jamais je ne me moquerais d’elle à ce sujet.

—– - Si tu te tais, j’en serais réduit à supposer que c’est encore pire que ça ne l’est. Je t’en prie.
—– - Eh bien… commença-t-elle par céder.
—– - Oui ?
—– - Tu as dit que Rosalie et Emmett se marieraient bientôt. Est-ce que… ce mariage… représente la même chose que pour les humains ?

J’éclatais de rire, rassuré. Ainsi donc, c’est l’idée d’un mariage entre vampire qui la mettait si mal à l’aise. Avait-elle craint que je prenne mal le fait qu’elle veuille savoir si les vampires étaient capables de traditions comme le faisaient les humains ?

—– - C’est donc ça que tu as en tête ?

Elle se tortilla, gênée.

—– - Oui, je suppose que c’est l’équivalent. Encore une fois, la plupart de ces désirs humains sont en nous, seulement cachés par des désirs plus puissants.
—– - Oh.
—– - Ta curiosité avait-elle un but précis ? Demandai-je innocent
—– - Je me demandais juste… à propos de toi et moi… un jour…

Je n’avais pas envisagé cette éventualité. Ainsi sa vraie question n’était pas sur le mariage entre vampire mais plutôt sur le mariage entre un vampire et une humaine. Entre elle et moi. C’était tout simplement inenvisageable. La seule façon pour nous d’avoir un avenir dans le mariage serait de la transformer. Et ça je ne le permettrais jamais. Je serais présent à ces côtés tout au long de sa vie, tant qu’elle voudra de moi. Mais je ne pourrais pas faire plus. Ce serait beaucoup trop dangereux pour elle.

—– - Je ne crois pas que ce… que ça serait possible pour nous.
—– - Parce que… cette intimité serait trop difficile à supporter pour toi ?
—– - Sans doute. Mais ce n’est pas ce à quoi je pensais. Tu es si douce, si fragile. Je dois sans arrêt veiller à mes actes pour ne pas te faire du mal. Je pourrais te tuer si facilement, Bella, par accident.

Je voulais qu’elle comprenne mes réelles motivations. Elle devait comprendre, que mon refus était indépendant de ma volonté. Je pris sa joue dans ma paume, elle était tellement chaude qu’elle me brulait presque.

—– - Si je me précipitais, ou si, le temps d’une seconde, mon attention se relâchait, je pourrais, en touchant ton visage, t’écraser le cerveau par mégarde. Tu ne réalises pas à quel point tu es susceptible d’être brisée. Jamais au grand jamais je n’aurais le droit de perdre le contrôle en ta présence.

Elle ne répondit pas, ne réagit pas, elle resta immobile, les yeux fixés. Avait-elle enfin compris toute l’ampleur de ce que je représentais ? Lui avais-je enfin ouvert les yeux sur le danger qu’elle encoure à chaque seconde passée avec moi ? Etait-elle effrayée au point de ne pas me répondre ? me répondrait-elle encore un jour ? Un jour, elle réalisera qu’elle n’a rien a faire avec quelqu’un comme moi, un vampire, que je ne lui apporte rien de bon, et ce jour-là, je la perdrais pour de bon. Ce jour était-il déjà arrivé ?

—– - Je te fais peur ? Demandai-je, n’y tenant plus de ce silence.
—– - Non, pas du tout.

Le soulagement éteignit mon angoisse naissante. Ces questions sur le mariage avaient éveillé ma curiosité sur un autre point. C’est donc un peu plus léger que je repris.

—– - Tu as éveillé ma curiosité. As-tu déjà…
—– - Bien sûr que non ! protesta-t-elle en s’empourprant de plus belle. Je t’ai dit que je n’avais jamais éprouvé ça pour personne, même de loin.
—– - Je sais, mais je connais les pensées des autres. L’amour et le désir ne vont pas toujours ensemble.
—– - Pour moi, si. Enfin, maintenant qu’ils sont entrés dans ma vie, soupira-t-elle.
—– - Très bien. Nous avons au moins une chose en commun.
—– - Tes instincts humains… Et zut ! Est-ce que tu me trouves un tout petit peu attirante de ce point de vue-là ?
—– - Je ne suis peut-être pas un humain, mais je suis un homme. Lui assurai-je en lui ébouriffant les cheveux.

Elle bailla, ce qui trahissait sa fatigue. Je ne voulais pas qu’elle lutte contre son envie de dormir pour converser avec moi.

—– - J’ai répondu à tes questions. Maintenant, tu devrais dormir.
—– - Je ne suis pas certaine d’y arriver.
—– - Tu veux que je m’en aille ?
—– - Non !

Je n’en avais aucune intention de toute manière… pour l’aider à dormir, je lui fredonnais sa berceuse. Elle avait l’air de l’apprécier. Et elle ne tarda pas à sombrer dans le sommeil.



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